La Capricieuse 2

La Capricieuse 2

Remise en état à Lorient

La remise en état complète a été effectuée à Lorient et Anthony Samséou et son équipage ont pu prendre la mer pour une première marée à bord de la nouvelle Caprisieuse 2 au début du mois de mai.

Une refonte complète de l’électronique a été réalisée sur la même base que l’ancien navire mais avec des équipements de dernière generation. La Capricieuse 2 est équipée du tout dernier logiciel Timezero de Maxsea, d’un radar avec plus de portée et de nouveaux sondeurs, sondes et ordinateurs.

“On est aussi passé au tout Led, pour réduire la consommation et pour un éclairage de meilleure qualité que les halogènes et le neon, “précise Anthony Samséou.

Nets being shot on board La Caprisieuse II / Les filets sont tirés à bord de La Caprisieuse II

« Le moteur Baudouin R124 SR21 de 155 kW de 6 cylindres venait d’être révisé et il a peu d’heures de marche. Il tournait 1 400 à 1 500 heures quand nous faisions 3 000 heures à l’année avec la petite Capricieuse. J’ai fait modifier la pomailleuse qui permet de ranger les filets dans les parcs ; On a modifié la cale à poisson pour passer de 120 à 180 caisses de bord et l’accès a été déplacé au centre du navire pour avoir plus de place dans les parcs à filets. »

Tous les travaux de remise en état ont été réalisés au port de Lorient-Keroman. La chaudronnerie a été réalisée par Lorient Forge Marine et le polyester par Techni Plaisance. Robin Marine (LS) a réalisé l’électricité et l’électronique et BMS (SB) la mécanique. La Capricieuse 2 représente un investissement global de près de 500 00 dont 330 000 pour l’acquisition et quatre mois de travaux.

Clearing the nets / Dégager les filets

« On a stoppé une dizaine de jours au moment de l’annonce du confinement, car on n’avait plus de marché export. Le mareyeur partenaire de La Rochelle, qui vend le Congre en Espagne, ne pouvait plus acheter et les prix s’étaient effondrés. J’en ai profité pour faire un entretien sur le navire et on est reparti au bout de 10 jours, » raconte-t-il.

La Capricieuse débarque au Guilvinec, à Lorient ou Quiberon selon les zones de pêche, habituellement entre Belle-Île et Le Guivilnec.

The wheelhouse has been fitted out with the latest generation of electronics / La timonerie a été équipée de d'électronique de dernière génération

« On pêche principalement du merlu à cette période ; le produit est différent au filet et le prix un peu plus bas, entre 3 et 5 contre 5 et 8 le kilo à la palangre. Mais on éviscère et on saisit immédiatement le poisson dans l’eau et la glace pour préserver sa fraicheur et sa qualité, » assure-t-il en précisant que La Capricieuse embarque 300 ou 400 Kg de glace chaque jour.

« Quand on relève nos filets, le poisson est démaillé, éviscéré et jeté dans des bacs de 150 kilos d’eau glacée, “ explique-t-il.

Catches are iced immediately to maintain quality / Les poissons sont immédiatement glacés pour préserver la qualité

« On fait 6 séries de 30 filets de 50 mètres à chaque marée. En ce moment on pêche environ 300 kilos par jour et on apprend car le métier est complètement nouveau pour moi. Mes deux matelots ont un peu pratiqué le filet mais c’est une véritable aventure et j’apprends vite,” dit-il.

“C’est la passion du métier que j’ai aussi le plaisir de transmettre à l’équipage. Tony par exemple, est un mécanicien formé à terre. Il a découvert le métier avec moi il y a 4 ans et c’est mon second depuis deux ans. »

Hake and monkfish coming through the net hauler / Le relève filet hissent merlus et lottes

« En ce moment on débarque à Quiberon pour gagner trois heures de route par la mer depuis le sud de Belle-Île. Je vends à la criée de Lorient qui est à moins d’une heure de route. Tout s’y vend toujours bien, c’est la première place de marché disponible 7/7 et 24/24, ce qui n’existe nulle part ailleurs, » affirme Anthony Samséou.

« On vend en France et le congre est habituellement revendu en Espagne car il y a peu de débouché ici. C’est vrai qu’il a eu du poisson d’importation acheté à bas prix et revendu deux ou trois fois le prix ces derniers temps, mais cela risque d’être pire après… Je suis inquiet des futures négociations avec le Brexit. Il n’y aura pas assez de place dans le Golfe de Gascogne pour tout le monde et s’il y a trop de navires, je ne vois pas comment nous serons en mesure de gérer la ressource correctement dans ces conditions. »